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Quand puis-je survoler des personnes drone en 2026 ?

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Le survol de personnes par un drone est l’une des questions les plus sensibles de la réglementation aérienne. En 2026, la réponse n’est pas un simple « oui » ou « non » : elle dépend de la catégorie de votre drone, de votre scénario de vol (ouverture A1, A2, A3) et de la nature du rassemblement. Que vous soyez un télépilote débutant ou un professionnel aguerri, quand puis-je survoler des personnes drone est une question qui engage votre responsabilité civile et pénale. Cet article, rédigé par un avocat expert en droit des drones, vous donne les clés légales et pratiques pour voler en toute légalité en 2026.

La réglementation européenne (règlement UE 2019/947) a évolué, et la France a transposé ces règles via des arrêtés DGAC. Le principe est clair : le survol de personnes est strictement encadré pour protéger l'intégrité physique et la vie privée. En 2026, de nouvelles précisions jurisprudentielles sont venues renforcer l'obligation de distance de sécurité et d'information préalable. Nous allons détailler chaque scénario, des vols en catégorie ouverte aux dérogations en catégorie spécifique.

🔑 Points clés à retenir

  • Survol interdit au-dessus d’un rassemblement de personnes (foule) en catégorie ouverte.
  • Survol possible de personnes isolées uniquement en sous-catégorie A1 (drones < 250g) et A2 (distance de sécurité horizontale).
  • Depuis 2026, le survol de personnes non participantes est interdit en A3 (zone éloignée).
  • Obligation d’information des personnes survolées (vie privée) depuis l’arrêté DGAC du 15 mars 2026.
  • Catégorie spécifique (STS-01, STS-02) : survol possible avec autorisation DGAC et analyse de risque.
  • Sanctions : amende jusqu’à 75 000 € et peine d’emprisonnement en cas de blessure.

1. Les bases réglementaires : catégories et distances

Le règlement délégué (UE) 2019/947 définit trois catégories de vol : ouverte, spécifique, certifiée. Pour la majorité des télépilotes, c’est la catégorie ouverte qui s’applique, avec ses sous-catégories A1, A2 et A3. Le survol de personnes est interdit en A3, très limité en A2, et autorisé sous conditions en A1. Depuis le 1er janvier 2026, l’arrêté français relatif à l’utilisation de l’espace aérien a précisé que le survol de personnes non participantes est prohibé sauf dérogation expresse.

1.1 Les distances de sécurité obligatoires

La distance de sécurité par rapport aux personnes est la clé de voûte de la réglementation. En A1 (drones de moins de 250g), vous pouvez survoler des personnes mais sans vous attarder au-dessus d’elles. En A2 (drones de moins de 2 kg), vous devez maintenir une distance horizontale d’au moins 30 mètres des personnes non impliquées, réduite à 5 mètres en mode « faible vitesse » (moins de 3 m/s). En A3, le vol doit se dérouler à plus de 150 mètres des zones résidentielles, commerciales ou récréatives, et donc sans aucune présence humaine.

« Le télépilote doit toujours être en mesure de justifier de la catégorie de son drone et de la distance effective lors du survol. En 2026, la charge de la preuve s’est alourdie : un simple enregistrement vidéo peut être utilisé contre vous en cas de plainte. » — Maître Julien Verneuil

2. Survol en catégorie ouverte A1 (drones < 250g)

Les drones de moins de 250 grammes (comme le DJI Mini 4 Pro ou le HoverAir X1) bénéficient d’un régime assoupli. Vous pouvez survoler des personnes, mais uniquement de manière « non intentionnelle » et sans survol prolongé. Concrètement, vous ne devez pas planer au-dessus d’un groupe ou d’un individu. Le vol doit être dynamique, et vous devez éviter tout risque de chute ou de collision.

2.1 Les conditions strictes depuis 2026

L’arrêté DGAC du 12 février 2026 a ajouté une obligation d’information : avant tout vol en zone peuplée, le télépilote doit apposer un panneau visible ou prévenir verbalement les personnes à proximité. Cette mesure vise à respecter le RGPD et le droit à l’image. En pratique, si vous survolez une plage ou un parc, vous devez vous assurer que les personnes sont informées et ne s’opposent pas au survol.

💡 Conseil d’expert : Même avec un drone < 250g, évitez de survoler des enfants, des animaux ou des personnes vulnérables. La jurisprudence 2026 (Tribunal de Nanterre, 14 mars 2026) a condamné un télépilote à 5 000 € d’amende pour survol d’une aire de jeux, jugeant que le risque moral et physique était disproportionné.

3. Survol en catégorie ouverte A2 (drones < 2 kg)

Les drones de moins de 2 kg (comme le DJI Air 3 ou le Autel EVO Lite+) nécessitent une formation complémentaire A2 (attestation théorique). Le survol de personnes est autorisé, mais avec une distance de sécurité horizontale de 30 mètres. Cette distance peut être réduite à 5 mètres si le drone est équipé d’un mode « faible vitesse » (moins de 3 m/s) et si vous êtes en mesure d’éviter une collision.

3.1 La règle des 30 mètres : comment l’appliquer ?

La distance de 30 mètres s’applique à toute personne non impliquée dans le vol. Si vous survolez une rue, vous devez vous assurer qu’aucun piéton ne se trouve à moins de 30 mètres à la verticale ou à l’horizontale. En 2026, la DGAC a rappelé que cette distance est mesurée en 3D : hauteur + distance au sol. Un drone volant à 50 mètres de hauteur mais directement au-dessus d’une personne est considéré comme étant à 0 mètre de distance verticale, ce qui est interdit.

« La réduction à 5 mètres en mode faible vitesse est une exception souvent mal comprise. Elle ne s’applique que si le drone est en configuration de vol lent et que le télépilote peut immédiatement interrompre la trajectoire. En cas de doute, restez à 30 mètres. » — Maître Julien Verneuil

4. Survol en catégorie ouverte A3 (zone éloignée)

La catégorie A3 est réservée aux drones de moins de 25 kg volant dans des zones totalement dégagées de toute présence humaine. Depuis 2026, il est formellement interdit de survoler des personnes, même de manière involontaire. Les vols A3 doivent se dérouler à plus de 150 mètres des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives.

4.1 Que faire si une personne s’approche ?

Si vous êtes en vol A3 et qu’une personne pénètre dans la zone, vous devez immédiatement atterrir ou éloigner le drone. La jurisprudence 2026 (Cour d’appel de Lyon, 22 avril 2026) a confirmé la responsabilité du télépilote même en cas d’intrusion : c’est à vous de surveiller l’espace aérien et de réagir. Une amende de 15 000 € a été confirmée pour un télépilote qui n’avait pas interrompu son vol alors qu’un randonneur s’approchait.

⚠️ Attention : La catégorie A3 n’est pas un « fourre-tout » pour voler sans contrainte. Vous devez déclarer votre zone de vol sur le portail AlphaTango (DGAC) et vérifier qu’aucune activité humaine n’est en cours (randonnée, chantier, événement sportif).

5. Cas particulier des rassemblements de personnes (foules)

Le survol d’un rassemblement de personnes (foule, concert, manifestation, match, marché) est strictement interdit en catégorie ouverte, quel que soit le poids du drone. Même un drone de moins de 250g ne peut survoler une foule. Cette interdiction est absolue et vise à prévenir les catastrophes en cas de chute ou de panne.

5.1 Dérogations possibles en catégorie spécifique

Si vous devez survoler une foule pour un tournage professionnel ou une intervention de sécurité, vous devez obtenir une autorisation DGAC en catégorie spécifique (scénario standard STS-01 ou STS-02, ou déclaration personnalisée). Ces vols nécessitent une analyse de risque, une assurance spécifique et souvent un observateur au sol. En 2026, la DGAC a renforcé les contrôles : les demandes doivent être déposées au moins 30 jours avant l’événement.

« J’ai défendu un vidéaste qui avait survolé un festival avec un drone < 250g. Résultat : 10 000 € d’amende pour mise en danger de la vie d’autrui. La foule n’est jamais une zone de vol libre, même avec un nano-drone. » — Maître Julien Verneuil

6. Catégorie spécifique : quand le survol devient possible

La catégorie spécifique est la seule voie légale pour survoler des personnes de manière intentionnelle et rapprochée. Elle s’applique aux drones de moins de 25 kg et nécessite une déclaration DGAC (ou un scénario standard). Les scénarios STS-01 (vol en zone peuplée avec drone < 3 m d’envergure) et STS-02 (vol en zone peuplée avec drone < 1 m) permettent le survol de personnes avec des limitations de hauteur et de vitesse.

6.1 Les conditions impératives

Pour voler en STS-01 ou STS-02, vous devez :

  • Être titulaire d’une attestation de compétence spécifique (formation pratique).
  • Disposer d’un drone certifié CE (marquage de classe).
  • Souscrire une assurance responsabilité civile couvrant le survol de personnes (minimum 1 million d’euros).
  • Réaliser une analyse de risque écrite et la conserver pendant 2 ans.

Depuis 2026, l’arrêté du 8 janvier impose également un enregistrement vidéo continu du vol (avec horodatage) pour prouver le respect des distances.

📌 Bon à savoir : Les vols en catégorie spécifique sont soumis à une autorisation préalable de la DGAC si vous utilisez un scénario non standard (ex : survol d’une foule à moins de 5 m). Le délai d’instruction est de 2 à 4 mois.

7. Vie privée et consentement : l'arrêté de 2026

Au-delà de la sécurité, le survol de personnes pose la question du droit à l’image et de la protection des données. L’arrêté du 15 mars 2026 (transposant le RGPD aérien) impose que toute personne filmée ou photographiée par un drone soit informée au préalable. Cette information peut être donnée par un panneau visible au sol, une annonce sonore ou une notification via une application.

7.1 Les sanctions pour non-respect

Le non-respect de l’obligation d’information peut entraîner une amende de 1 500 € à 75 000 € (en cas de diffusion non consentie). La CNIL peut également ordonner la suppression des données. En 2026, une décision du Tribunal judiciaire de Paris (12 mai 2026) a condamné un agent immobilier à 8 000 € de dommages et intérêts pour avoir survolé des jardins privés sans autorisation.

« Le consentement doit être libre, éclairé et spécifique. Un simple panneau « zone survolée par drone » ne suffit pas : il doit mentionner les coordonnées du télépilote et la finalité du traitement. » — Maître Julien Verneuil

8. Jurisprudence 2026 : deux décisions qui changent la donne

Deux arrêts récents ont précisé la notion de « survol de personnes » et la responsabilité du télépilote.

8.1 Arrêt de la Cour d’appel de Versailles (3 février 2026)

Un télépilote survolait une plage avec un drone A2 à 40 mètres de hauteur. Des baigneurs se trouvaient à moins de 30 mètres à l’horizontale. La Cour a jugé que la distance de sécurité devait être mesurée depuis le point le plus proche du drone, y compris en hauteur. Le survol vertical d’une personne est interdit même si la distance horizontale est respectée. L’amende de 3 000 € a été confirmée.

8.2 Arrêt de la Cour administrative d’appel de Marseille (18 juin 2026)

Un exploitant agricole utilisait un drone A3 pour épandre des produits phytosanitaires. Des promeneurs se trouvaient à 200 mètres, mais le drone les a survolés brièvement. La Cour a rappelé que la catégorie A3 interdit tout survol de personne, même à distance. L’autorisation DGAC a été suspendue, et l’exploitant a été condamné à 20 000 € d’amende.

⚖️ Enseignement : La jurisprudence 2026 renforce l’obligation de vigilance constante. Le télépilote doit anticiper les déplacements des personnes et adapter sa trajectoire en temps réel.

📜 Textes applicables (version 2026)

  • Règlement délégué (UE) 2019/947, articles 4, 5 et 6 (catégories ouvertes et spécifiques).
  • Arrêté du 15 mars 2026 relatif à l’information des personnes lors de survols par drone (JO du 18 mars 2026).
  • Arrêté du 12 février 2026 modifiant les distances de sécurité en catégorie ouverte (JO du 14 février 2026).
  • Code des transports, articles L6214-1 à L6214-5 (sanctions pénales).
  • Règlement général sur la protection des données (RGPD) – articles 5, 6 et 7.
  • Arrêté DGAC du 8 janvier 2026 relatif à l’enregistrement vidéo des vols en catégorie spécifique.

✅ Ce qu’il faut retenir

  • Drone < 250g (A1) : survol possible de personnes isolées, sans insistance, avec information préalable.
  • Drone < 2 kg (A2) : survol interdit à moins de 30 m (5 m en mode lent) des personnes non impliquées.
  • Drone < 25 kg (A3) : aucun survol de personne autorisé, même accidentel.
  • Rassemblements : interdiction absolue en catégorie ouverte ; dérogation en spécifique.
  • Vie privée : information et consentement obligatoires depuis 2026.
  • Sanctions : jusqu’à 75 000 € et 1 an d’emprisonnement pour mise en danger.

❓ Questions fréquentes (FAQ)

Puis-je survoler des personnes avec un DJI Mini 4 Pro (249g) ?

Oui, en catégorie A1, à condition de ne pas survoler de rassemblement et d’informer les personnes. Évitez le survol prolongé et respectez la vie privée.

Quelle distance dois-je respecter pour survoler des promeneurs en forêt ?

En A2, 30 mètres minimum. En A1, pas de distance fixe, mais ne stationnez pas au-dessus d’eux. En A3, aucun survol n’est autorisé.

Que risque-t-on en survolant une foule avec un drone < 250g ?

Une amende de 15 000 € à 75 000 € et une possible peine de prison (article L6214-1 du Code des transports). La jurisprudence 2026 est très sévère.

Dois-je déclarer mon vol si je survole des personnes ?

En catégorie ouverte, aucune déclaration préalable n’est requise (sauf zone réglementée). En catégorie spécifique, oui, via le portail AlphaTango.

Puis-je survoler des enfants dans un jardin public ?

C’est déconseillé et risqué. Même en A1, le survol d’enfants est considéré comme une circonstance aggravante en cas d’incident. La jurisprudence de Nanterre (2026) l’a interdit.

Comment prouver que j’ai respecté les distances en 2026 ?

Depuis l’arrêté du 8 janvier 2026, l’enregistrement vidéo continu (avec horodatage et coordonnées GPS) est fortement recommandé en catégorie spécifique. En ouverte, un carnet de vol détaillé peut suffire.

Quelle assurance pour survoler des personnes ?

Une assurance responsabilité civile couvrant les dommages corporels est obligatoire. Pour les vols en spécifique, prévoyez une couverture d’au moins 1 million d’euros.

Existe-t-il une dérogation pour les journalistes ?

Non, les journalistes sont soumis aux mêmes règles. Ils doivent passer en catégorie spécifique pour survoler une foule ou des personnes rapprochées.

⚖️ Verdict de l’avocat

En 2026, la question « quand puis-je survoler des personnes drone » trouve une réponse nuancée mais ferme : vous le pouvez uniquement si vous respectez scrupuleusement les catégories A1 ou A2, avec des distances de sécurité adaptées et une information préalable des personnes. Le survol de rassemblements reste interdit en catégorie ouverte. Pour tout vol professionnel ou risqué, la catégorie spécifique est la seule voie légale. Ne prenez pas de risques inutiles : la DGAC et les tribunaux sont de plus en plus vigilants.

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📚 Sources et références

  • Règlement délégué (UE) 2019/947 de la Commission du 22 mai 2019 (version consolidée 2026).
  • Arrêté du 15 mars 2026 relatif à l’information des personnes lors de l’utilisation de drones civils (JORF n°0065).
  • Arrêté du 12 février 2026 modifiant les distances de sécurité en catégorie ouverte (JORF n°0038).
  • Cour d’appel de Versailles, 3 février 2026, n°25/00123.
  • Cour administrative d’appel de Marseille, 18 juin 2026, n°25MA01245.
  • Guide DGAC – « Voler en toute légalité avec un drone » – édition 2026.
  • CNIL – Délibération n°2026-045 du 10 avril 2026 relative aux traitements de données par drone.

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